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Salon africain de l'invention et de l'innovation technologique des leviers pour le développement
A.O. DIALLO - 2009-11-03 09:41:00

C'est au bord du Djoliba, sur l'esplanade du Centre international de conférences de Bamako que le Salon africain de l'invention et de l'innovation technologique (SAIIT) a ouvert pour la 6ème fois ses portes aux visiteurs depuis mercredi. C'est le président de la République, Amadou Toumani Touré, en personne, qui a donné le coup d'envoi de cette grande exposition du savoir et du savoir-faire des inventeurs et créateurs africains. Les organisateurs de cette manifestation continentale ne pouvaient trouver meilleur endroit pour abriter ce rendez-vous du donner et du recevoir que les rives du grand fleuve qui traverse la sous région ouest-africaine de bout en bout. Les responsables de l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) ambitionnent de refondre la recherche et le développement sur le continent. Le directeur de l'OAPI, le Dr Paulin Edou Edou, souligne à ce propos qu'il reste encore beaucoup à faire pour établir un pont solide entre les promoteurs privés ou publics et les centres de recherches ou les inventeurs isolés, un pont qui permettra une meilleure valorisation des résultats de la recherche (la vocation naturelle du SAIIT). C'est le grand objectif de l'organisation. Pour être utile aux États africains, le SAIIT doit progressivement devenir un véritable forum d'échanges entre inventeurs et hommes d'affaires d'Afrique et d'ailleurs, à la recherche de technologies nouvelles. Il doit aussi servir de cadre pour rassembler les hommes et les femmes de tous les horizons, pour trouver des solutions appropriés aux problèmes du développement du continent. La présence du chef de l'État à l'ouverture du salon a été saluée par les organisateurs. Elle constitue déjà un signe que l'Afrique débout est en train de modifier son regard sur la propriété intellectuelle, qu'elle considère "à tort" comme l'affaire des pays du nord estiment les organisateurs. Ces échanges visent donc à briser la chaîne de la dépendance de notre continent du reste du monde. L'Afrique, exposée aux fluctuations du marché international, se doit de s'approprier "la propriété intellectuelle" pour asseoir son développement sur des bases saines et sécurisées. Le salon vise justement à inscrire la propriété intellectuelle dans les plans de développement de nos États, afin que l'invention et l'innovation endogènes servent de moteur à notre croissance économique, a expliqué Paulin Edou Edou. Abondant dans le même sens, le ministre de l'Industrie, des Investissements et du Commerce, estimera que pour être présent dans le concert des nations, le continent doit promouvoir l'invention et la créativité. Celles-ci l'aideront à faire face aux défis mondiaux, notamment l'éducation, l'accès aux soins de santé, la sécurité alimentaire, l'accès à l'habitat, les épidémies, la préservation de la biodiversité, etc. Actuellement, l'Afrique occupe une place modeste sur l'échelle des innovations dans le monde, a regretté Ahmadou Abdoulaye Diallo. Sur les 1,7 million de brevets déposés l'année dernière dans le monde, les dépôts des États membres de l'OAPI ne représentent que 6%. Sur l'espace OAPI, 80% des brevets déposés sont des titres étrangers. Les causes de la sous-représentation de l'Afrique dans le concert des pays inventeurs tiennent au fossé existant entre la propriété intellectuelle et la recherche et entre celle-ci et le monde des entreprises, tandis que ces différents mondes vont de pair, s'entremêlent et se nourrissent mutuellement. Toutefois, l'espoir est permis. Ainsi, très tôt au Mali, les gouvernants ont pris des mesures en inscrivant dans la stratégie de croissance accélérée la protection de la propriété intellectuelle au cœur des priorités. Il s'agit, selon le ministre Diallo, de renforcer les capacités du système national d'enseignement supérieur et de la recherche, d'orienter l'activité scientifique vers les secteurs de production, promouvoir les recherches conjointes et la participation des chercheurs à des réseaux internationaux. Le président Amadou Toumani Touré a félicité les inventeurs et créateurs africains qui participent à cette grande foire de Bamako. Il s'est dit impressionné par la qualité des produits exposés et surtout la tranche d'âge des inventeurs, en majorité des jeunes. Dans le livre d'or, qu'il a signé, Amadou Toumani Touré a écrit : "chercher, chercher, on finira par trouver." Mais, la recherche en Afrique reste encore dans l'anonymat. C'est pourquoi il a lancé un appel aux opérateurs économiques en vue de vulgariser les résultats de la recherche. Signalons que les exposants sont venus des 16 pays membres de l'organisation. Les visiteurs ont encore tout le week-end pour découvrir les nouvelles créations des inventeurs du continent. En marge des expositions, ils ont la latitude de suivre des conférences organisées dans des ateliers thématiques.


 


 

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