Journée internationale de la Famille : LES MIGRATIONS AU CENTRE DES PREOCCUPATIONS
Doussou Djiré - 2010-05-24 18:13:42
La commémoration a été marquée par une conférence-débat sur "l’Impact des migrations sur les familles". La cérémonie s’est déroulée au Centre International des Conférences de Bamako (CICB). Elle était présidée par Ousmane Théra, chef de cabinet au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. On y notait aussi la présence du vice-président du Conseil national des personnes âgées du Mali, Amadou Dienta, des représentant de l’UNICEF, de Plan international, de la société civile, des universitaires et de nombreux chefs de familles. Célébrée le 15 mai de chaque année, la journée est une occasion de mieux faire comprendre les problèmes que connaissent les familles et stimuler les initiatives appropriées. Elle pourrait devenir un facteur de mobilisation puissant dans tous les pays qui cherchent à apporter une réponse aux problèmes qui se posent aux familles de chaque société. La Journée internationale des familles offre aussi l’occasion de mettre en relief la solidarité qui unit les familles dans leur recherche d’une meilleure qualité de vie. Proclamée par L’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution du 20 septembre 1993, cette journée reflète l’importance que la communauté internationale attache à la famille, cellule de base de la société. La tâche des conférenciers Seydou Kéita et Ismaël Sacko consistait à développer l’impact de la migration sur un pays comme le nôtre, dont un tiers de la population vit à l’extérieur du pays. Selon Seydou Kéita, la migration est un phénomène culturel dans notre pays. « Les mouvements migratoires sont et demeurent une réalité sociale. Les mouvements migratoires internes d’origine rurale occupent une grande place au sein des migrations maliennes » a t-il expliqué. L’économie malienne étant principalement basée sur le secteur primaire, les conditions de vie en milieu rural sont étroitement liées à la péjoration des conditions climatiques et au processus de désertification. Notre pays a connu des déplacements massifs de ruraux suite aux grandes sécheresses des années 1972 et 1984 a poursuivi Seydou Kéïta. Aujourd’hui la migration familiale est sous-régionale, continentale et internationale. « Notre pays compte plus de 4 millions d’immigrés dont plus de 3 millions vivent en Afrique. Ils sont installés, notamment en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Congo, en Angola. Le reste a choisi l’Europe, l’Amérique et l’Asie. Cet exode a des conséquences positives et négatives sur la famille », a expliqué Seydou Keïta. L’apport, sous forme de transferts de fonds, des migrants maliens à leurs familles s’élève à plus de 300 milliards Fcfa par an. Ce montant dépasse l’aide publique au développement. Les migrants investissent dans l’éducation, la santé, la construction. En un mot ils soutiennent le développement économique de leurs localités d’origine. Le sacrifice consenti par les familles est incalculable. Le départ massif des hommes pose d’important déséquilibre dans le tissu familial. Le chef de cabinet du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a souligné que l’intérêt pour la famille est un axe fondamental des politiques sociales au Mali. Le suivi de l’évolution de la situation familiale est permanent. Les autorités accordent toute l’attention nécessaire aux préoccupations et aux attentes des foyers. Il a mis l’accent sur le souci d’une analyse stratégique des affaires de la famille. Ousmane Théra a insisté sur la promotion des processus adoptés pour l’encadrement de la communauté malienne à l’étranger et des nouvelles générations de l’émigration.