Sécurité sanitaire des aliments : Le dispositif s'affine
Doussou Djiré - 2010-05-24 18:18:29
Les autorités ont manifesté à toutes les occasions leur détermination à mettre les populations à l’abri des intoxications alimentaires et de tous les risques liés à la consommation de produits périmés falsifiés ou avariés. L’adoption d’une politique nationale de la sécurité sanitaire des aliments et la création de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments, sont une illustration de cette volonté politique. Force est cependant de reconnaître que les insuffisances constatées par les différentes études et qui ont abouti à la définition de notre cadre institutionnel de maîtrise des risques sanitaires, sont toujours d’actualité. Il s’agit du chevauchement des missions des structures de contrôle, l’insuffisance de collaboration entre les structures de contrôle, l’absence d’un système opérationnel de maîtrise de la sécurité sanitaires des aliments, l’insuffisance des normes de qualité et la pénurie de moyens humains, matériels et financiers. C’est dans ce contexte que le Conseil national de la sécurité sanitaire des aliments était réuni hier pour sa 4ème session ordinaire. La rencontre qui a enregistré la présence des représentants de tous les départements ministérielle, était présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé, Ousmane Touré, en présence du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments, Youssouf Konaté. Au cours, cette rencontre, les participants doivent faire des propositions concrètes pour doter l’Agence d’une nouvelle approche adéquate à mettre en œuvre dans le cadre de la maîtrise de la sécurité sanitaire des aliments dans notre pays. Soucieuse de mener à bien sa mission, l’ANSSA, dès son démarrage en 2005, a fait adopter un plan consensuel de contrôle pour servir de référence à toutes les structures de contrôle. Sur la base de ce plan, chaque structure de contrôle doit annuellement programmer ses interventions en tenant compte des priorités dégagées par les données de veille sanitaire (évaluations des risques, cas d’intoxication collectives, préoccupations sanitaires des populations et analyse de laboratoire. Une évaluation des résultats des premières interventions a mis en exergue l’insuffisance chronique des moyens sectoriels de toutes les parties. D’où l’initiative de l’Agence de mettre en œuvre un programme de contrôle intégré mettant en commun les moyens matériels, humains et financiers disponibles. Cette nouvelle approche a permis de rationnaliser les moyens limités, de supprimer les chevauchements et de diminuer la pression du contrôle intempestif sur les opérateurs économiques. Pour soutenir ces actions, l’Agence nationale de sécurité alimentaire a initié sous l’égide du gouverneur du District de Bamako, un protocole de collaboration des services techniques chargés de la gestion des risques sanitaires dans le District. Cette nouvelle approche se focalise sur la mise en application d’une disposition réglementaire qui institue le contrôle de proximité pour l’hygiène et la salubrité des aliments par les autorités des collectivités territoriales. Signé par le gouverneur du District, les maires des communes et les directeurs régionaux des services de contrôles, ce protocole connaît un début d’exécution avec la mise en place des organes de pilotage et d’exécution au niveau de Bamako.
ACTIONS CONCRETES ET COMPLEMENTAIRES. Dans son intervention, le secrétaire général du ministère de la Santé a attiré l’attention des administrateurs sur les alertes relatives à la circulation des produits avariés, falsifiés ou périmés. « Cela nous impose d’agir urgemment, de prendre des mesures vigoureuses pour sauvegarder la santé et la sécurité des populations et garantir la crédibilité des aliments locaux destinés à l’exportation. Parmi ces mesures, il s’agit entre autres d’engager les services de contrôle à mettre en œuvre les plans conjoints élaborés sous la coordination de l’ANSSA et les doter à cet effet de moyens nécessaires et aussi d’engager les services de contrôle à faire régulièrement rapport de l’état d’exécution des plans à l’ANSSA, pour s’assurer qu’ils prennent en compte les recommandations d’évaluation des risques », a développé Ousmane Touré. En vue de la mise en œuvre de la disposition du règlement de l’UEMOA, recommandant la création d’un Conseil consultatif d’analyse des risques liés aux aliments, il serait judicieux d’étoffer les compétences du Conseil national de la sécurité des aliments, pour l’amener à assurer les nouvelles missions d’analyse de risques comprenant l’évaluation du risque, la gestion du risque et la communication sur le même risque. Le ministère de la Santé a proposé, à cet effet, des textes relus du système national de la sécurité sanitaire des aliments qui sont inscrits dans le Programme de travail gouvernemental, pour être examiné le mois prochain. L’application des dispositions du décret instituant les autorisations de mise sur le marché et des textes subsidiaires, a sans aucun doute amélioré la qualité des produits alimentaires et renforcé la confiance des consommateurs, les produits subissant une évaluation préalable de risque sanitaire avant leur autorisation de mise sur le marché. Ousmane Touré expliquera que la sécurité sanitaire des aliments est un système intégré d’actions concrètes et complémentaires, de la production primaire jusqu’à la consommation finale. « C’est une symphonie dans laquelle chaque acteur doit jouer sa partition, au risque d’avoir une symphonie inachevée. Ces acteurs sont les services de l’Etat, les institutions de formation/recherche, les producteurs – opérateurs économiques et les consommateurs, chacun doit s’assumer. C’est là un cri de cœur mais pas un appel à la détresse car la situation est encore maîtrisable, si chacun des acteurs se ressaisissait », a précisé Ousmane Touré.